PROD-SPC — Espace, exposition, scénographie
Un.e de perdu.e
- Lieu
- Un Airbnb, Nancy
- Dates
- 1er juillet 2023, de 20 h à 5 h
- Production
- Autoproduction sous l'égide de la Fondation Florian pour l'art contemporain (FAC), institution fictive créée pour l'occasion. Co-scénographie : Maud Dejeune. Impressions sérigraphiques : Camille Bernard, L'Antre Atelier, Nancy.
- Rôle
- Conception et commissariat, conception scénographique et artistique, conception et production des œuvres, identité visuelle et design graphique, conception de la performance-vol, rédaction des textes de médiation et du protocole d'accueil.
Contexte
À l'occasion de ses 30 ans, l'artiste fonde le temps d'un soir la Fondation Florian pour l'art contemporain (FAC). Dans un Airbnb loué à Nancy, ouvert au public de 20 h à 5 h le 1er juillet 2023, il déploie une exposition monographique pirate qui détourne les codes du rituel anniversaire — et ceux de l'institution artistique elle-même. Aux invités convoqués comme à un anniversaire ordinaire, il est annoncé : « On vous a dérobé quelque chose. »
Propos
Un.e de perdu.e prend le contrepied du rituel anniversaire. D'ordinaire, les invités offrent au célébré ce qu'il n'a pas. Ici, le célébré offre aux célébrants ce qu'ils possédaient déjà — sans le savoir. Le projet retourne le proverbe populaire qui console les cœurs brisés : la perte n'est pas sinistre, elle est productive. Elle allège, fait place et ouverture. Trois œuvres et un multiple sérigraphique, articulés autour d'une performance, déplient les facettes affectives de la perte — et les gains qui les accompagnent.
Dispositif
Le visiteur entre dans un appartement transformé en galerie. Une scénographie immersive — ballons argentés au plafond, mobilier sous bâche plastique — sature l'espace d'une atmosphère faussement festive (Air conditionné). Sur les murs, une série d'avis de recherche pour des choses immatérielles perdues — Vue, Temps, Main, Courage (Mirza). Au centre, une table accueille les objets dérobés à l'insu des invités au cours de la soirée. Le tout est mémorisé autour d'un multiple sérigraphique (1dP-10dR), trace de l'événement.


Les œuvres

La collecte (2023). Performance-vol à l'insu des invité·es. Environ 20 objets dérobés (effets personnels, objets quotidiens), table d'exposition, cartels nominatifs. Avant la soirée, l'artiste prélève à l'insu de chaque invité·e un objet chez lui. Ils sont ensuite rassemblés sur une table et mis en exposition, accompagnés d'un cartel mentionnant le nom de leur « donateur·trice » et la date du prélèvement. Le rituel anniversaire est inversé : ce ne sont plus les invités qui offrent, mais le célébré qui collecte. La performance fait coïncider la pratique taboue du vol avec celle de la collecte ethnographique.

Mirza (2023). Série de 10 avis de recherche. Impression jet d'encre sur papier, A4 (21 × 29,7 cm) chacun. Mots inventoriés : Vue, Temps, Main, Courage, Voix, Nord, Envie, Patience, Boule, Illusions. Reprenant les codes formels et iconographiques des avis de recherche, Mirza dresse l'inventaire des choses immatérielles que l'on perd au cours d'une vie. En creux, une question : à qui adresse-t-on un avis de recherche ?

Air conditionné (2023). Scénographie immersive : ballons argentés mylar, bâches plastique transparentes, mobilier de l'Airbnb. La scénographie sature l'espace d'une atmosphère faussement festive. Le mobilier sous plastique évoque autant l'emballage que la mise sous vide ; les ballons argentés saturent le plafond. L'œuvre questionne la rareté du courant d'air — celui du climat, mais aussi celui des présences qui passent, en coup de vent, dans une vie.

1dP-10dR (2023). Multiple sérigraphique, 3 exemplaires A2 (42 × 59,4 cm), sérigraphie deux couleurs (argent et blanc) sur papier Canson coloré. Sérigraphie : L'Antre Atelier, Nancy. Affiche-souvenir. Le titre transcrit en abréviations le proverbe-formule du projet — « un de perdu, dix de retrouvé·e·s ». Le multiple cristallise l'événement éphémère en une trace partageable, et fait du proverbe populaire un objet pour l'œil.