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Florian Rosinski, chercheur en communication et artiste.

Je donne des cours à l'université, j'écris des articles et fabrique des œuvres. Après un détour par les études d'architecture, je suis devenu docteur en sciences de l'information et de la communication en 2023. Ma thèse portait sur la photographie numérique exposée, où j'explorais sa mise en forme, en espace et sa médiation.

Mes recherches portent aussi sur la culture visuelle (populaire, numérique, ancienne, oubliée, peu visible). Dans ma pratique, je développe un « art de l'enquête » : les méthodes de terrain des sciences humaines sont envisagées comme médium. Sur cette base, je propose des formes, élucide des problèmes et produis des connaissances en dialogue avec les publics.

florian.rosinski@gmail.comInstagram : @ins.ski

Portrait de Florian Rosinski

Démarche

Mes projets partent de la rencontre — avec des voyantes, des archivistes, des habitants d'un village, des artistes en diaspora. Par l'entretien, la collecte, la fouille d'archives, je recueille des paroles et des objets qui circulent d'ordinaire hors des circuits de l'art : mémoires vernaculaires, iconographies populaires, traces triviales. Ce matériau devient la matière première d'installations, de performances et d'éditions où document et fiction se contaminent.

Dans ces dispositifs, les figures tues de la chaîne du savoir — invisibles, amateurs, praticiens — deviennent auteurs. Les biographies d'anonymes se refont à plusieurs voix, les archives locales s'éclatent sur des tables, les objets domestiques racontent ce que les discours officiels laissent de côté. Il s'agit moins de documenter que de déplier : faire apparaître ce qui était déjà là, sans être encore regardé.

Cette démarche s'inscrit dans une conception de l'art comme espace politique du sensible, où l'on interroge ce qui mérite d'être vu, qui décide de la visibilité, et comment la fiction reste — toujours — une manière de lutter contre l'oubli.

Recherche-création

Au cours de l'année 2024-2025, je me suis concentré sur un travail de terrain qui articule création et savoirs en sciences humaines et sociales. La réalisation d'expositions en région Grand Est — l'une dans une commune rurale des Vosges du Sud (Châtillon-sur-Saône), l'autre à Strasbourg — m'a confronté au réel des projets de recherche-création. À l'origine de ce choix, une conviction : les compétences du chercheur se forgent au plus près de la société civile. Dans une démarche relevant de l'observation participante, je me suis engagé dans une problématisation du réel qui passe par une co-construction de la pensée avec des individus et des collectifs.

Repères

  • Thèmes : archive, mémoire et iconographie populaire, anonymat, oubli, fiction documentaire, parole vernaculaire, trace, destin, cultures numériques.
  • Méthodes : enquête de terrain, entretien, collecte, recherche iconographique, protocoles collaboratifs, ethnographie du local.
  • Médiums : installation, performance, photographie, édition, sérigraphie.
  • Domaines de recherche : histoire et théories de la médiation et de la réception, études culturelles, culture visuelle et visualités, anthropologie des images, arts, médias et numérique, histoire de l'art contemporain, mondialisation culturelle, politiques culturelles.