PROD-SPC — Espace, exposition, scénographie

Déplier le paysage

Avec
Arthur Grandjean
Lieu
La Calle, Châtillon-sur-Saône
Dates
À partir du 5 septembre 2025 (vernissage), un mois ; 120 m²
Production
La Calle
Rôle
Co-conception artistique et scénographique, enquête de terrain, entretiens, recherche iconographique, conception curatoriale, co-production d'œuvres, édition des livrets, conception et animation des médiations, rédaction du texte curatorial.
Photos
Vue d'ensemble : Florian Rosinski ; Les noms du village : Tania Rapôso
Déplier le paysage, image 1 sur 3
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Contexte

Exposition de recherche-création conçue à partir des archives d'Annie Guyonnet — trente ans de collecte sur l'histoire populaire locale de Châtillon-sur-Saône, rendues accessibles au public pour la première fois. Présentée à La Calle, lieu associatif dédié aux pratiques artistiques en ruralité. L'exposition s'est constituée avec les habitants, confrontant le regard des artistes-chercheurs aux traces produites par le territoire lui-même.

Propos

Déplier le paysage interroge la ruralité non par des catégories abstraites, mais par le prisme de l'expérience vécue — le paysage comme visage d'une société. Paysage humain, naturel, construit : les documents originaux d'Annie Guyonnet, présentés sans retouche, restituent des gestes ordinaires, des visages, des fêtes, le travail de la vigne et des carrières. L'exposition assume une démarche à plusieurs voix : plutôt qu'un dispositif achevé imposé de l'extérieur, le vernissage fut autant un moment de mise en commun que de finalisation.

Dispositif

L'installation se déploie dans un espace en pierre de Châtillon-sur-Saône. Les archives d'Annie Guyonnet sont présentées en vis-à-vis d'œuvres produites à partir d'elles — une table-socle construite en feuilles d'archives (Table de travail), une série de photomontages sur lentilles réticulaires (Souvenirs), des livrets reprenant biographies et légendes locales, et des citations d'Annie Guyonnet disposées dans l'espace sous forme de fragments jaunes.

Les œuvres

Une longue table faite de papiers, de cartons et de livres enduits de blanc, contre un mur de pierre
Table de travail (2025)
Gros plan sur les feuilles et les cartons blancs empilés de la table
Détail de la table de travail

Table de travail (2025). Table réalisée en matériaux d'archives récupérées, enduits à l'acrylique blanche : papiers, ordinateurs, cartons, malles, livres (env. 80 × 80 × 400 cm). L'objet rattrape les niveaux inégaux du sol. Socle blanc fait d'archives, il donne un corps à trente ans de collecte d'Annie Guyonnet — la table figure ce qui, d'ordinaire, reste invisible : le poids matériel d'un travail d'archivage.

Sur la table blanche, sous verre, des journaux, des photographies, des pierres et des fleurs séchées
Les Archives d'Annie Guyonnet (2025)
Un cartel jaune fluo : « Il n'y a rien d'extraordinaire dans ce que j'ai fait »
Détail des mots d'Annie

Les Archives d'Annie Guyonnet (2025). Journaux, documents officiels, notes personnelles, prospectus anciens, montages numériques Word, grès des Vosges, fleurs locales séchées, plaques de verre. Les archives d'Annie étaient présentées aux publics sous verre, entrecoupées de livrets édités par les artistes et de cartels jaune fluo reprenant les mots d'Annie. L'exposition assume de présenter ces archives comme œuvre plutôt que comme document : la collecte d'Annie, qui n'a jamais cherché la reconnaissance artistique, entre ici dans l'espace d'exposition à part entière. Elle aussi est une chercheuse.

Quatre personnes devant une grande carte du village accrochée au mur de pierre, l'une d'elles y montre une maison
Les noms du village, activation lors du vernissage. Photo : Tania Rapôso

Les noms du village (2025). Carte collaborative de Châtillon-sur-Saône. Impression contrecollée sur carton plume, format A2 (42 × 59,4 cm). Autour de l'objet, les publics étaient invités à indiquer leur maison et les noms des anciens habitants qu'ils connaissaient. Elle figure le territoire comme tissu de relations qui se transmet et se reformule à chaque génération.

Un sous-bois photographié, traversé par des phrases d'Annie à demi effacées
Souvenirs (2025)
Un paysage sombre où apparaissent des mots
Une vue de paysage traversée de texte : « On ne connaissait que le travail de l'époque »
Un paysage de troncs d'arbres sous un texte pâle

Souvenirs (2025). Photomontages de souvenirs d'Annie sur des photographies personnelles du paysage châtillonnais. Quatre photomontages, impression offset sur lentille réticulaire, 50 × 50 cm chacun. L'impression fait que les souvenirs d'Annie apparaissent et disparaissent au passage. Ils témoignent de la mémoire populaire vacillante, comme celle d'Annie du fait de son âge.

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